Très très longtemps rien.
Et puis une fois vos yeux.
Vos yeux fermés,
Vous me respirez.
Le cou d'abord,
Lentement,
Très lentement,
Vous me humez.
Passant sur mes lobes,
Sur mes tempes,
Votre nez effronté.
Vous me demandez,
Est-ce cela que vous voulez?
Oui.
Je veux que vous m'embrassiez.
Posez vos lèvres sur mon front,
Respirez-moi!
Posez vos lèvres dans ce creux,
Au-dessus de mon nez,
Entre mes sourcils,
Respirez-moi.
Ecartez-vous,
Lentement,
Très lentement,
Et regardez-moi.
Avez-vous senti
Mon cœur
Dans vos baisers?
Vous m'assurez
Que de baisers
Aussi étranges
Vous n'y aviez jamais songé.
Alors, un cœur?
Oui.
Une tachycardie,
La vôtre.
Très très longtemps, rien.
Et puis une fois mes yeux.
Mes yeux ouverts,
Je vous respire
le cou d'abord,
lentement,
Très lentement,
Je vous hume.
Et je vous aime.
- Marie-jeanne Cunégonde -
Restitution de l'atelier d'écriture du lundi 15 juin 2026 animé par l'autrice Julie Neveu
Consigne : Débuter avec "Très très longtemps rien, et puis une fois vos yeux", (extrait de Aurélia Steiner de Marguerite Duras), puis imaginer une suite en vers libres.
En rentrant chez moi, j'ai voulu l'illustrer alors j'ai pris une feuille de buvard (oui des fois j'ai des drôles d'idées), un rotring plume et mes pinceaux feutres japonais. La fleur sur la photo est une Grande Mauve, car ici les marguerites sont déjà passées. Ceci dit, Marguerite, c'était le prénom de mon arrière-grand-mère, prénom que je trouve magnifique!
Ajouter un commentaire
Commentaires